RGIE mis à jour : les points de contrôle incontournables pour votre conformité électrique

Rénover une maison sans toucher à l'électricité reste rare. Dès que vous modifiez un circuit, ajoutez des points de prise ou remplacez un tableau, le RGIE s'applique. Connaître ses exigences clés vous évite les mauvaises surprises lors du contrôle.
Le RGIE, règlement fédéral, encadre toutes les installations électriques domestiques en Belgique. Il évolue par arrêtés royaux : un arrêté du 3 octobre 2024, en vigueur depuis le 1er mars 2025, a notamment revu les règles des socles de prises de courant, et un arrêté du 6 octobre 2025 a intégré au Livre 1, depuis le 1er avril 2026, les installations en courant continu (photovoltaïque, stockage par batterie, bornes de recharge). Un chantier mal documenté ou une installation non contrôlée peut compliquer une vente ou une discussion avec votre assureur.
1. Quand le contrôle est-il obligatoire ?
Le principe est clair : toute nouvelle installation, et toute modification ou extension importante d'une installation existante (nouveau circuit, nouveau tableau, nouvelle pièce équipée), doit être contrôlée par un organisme agréé avant sa mise en service. Cela concerne aussi bien le remplacement d'un tableau électrique que l'ajout d'une salle de bain avec de nouveaux circuits. Pour les installations anciennes non modifiées, le contrôle est en revanche déclenché à la vente du bien.
- Nouvelle construction ou extension : contrôle obligatoire avant la première mise sous tension.
- Modification significative : ajout d'un circuit, nouveau tableau ou nouvelle pièce équipée.
- Vente du bien : le vendeur fait réaliser une visite de contrôle par un organisme agréé entre le compromis et l'acte ; le procès-verbal est remis à l'acheteur lors de l'acte. Le vendeur n'est pas obligé de corriger les infractions : c'est l'acheteur qui dispose de 18 mois à dater de l'acte pour le faire.
- Demande d'assurance : après un sinistre d'origine électrique, votre assureur peut demander le rapport de contrôle : gardez-le avec les documents de la maison.
2. Les points de contrôle prioritaires
L'organisme agréé vérifie l'installation sur la base d'une liste de critères précis. Voici les points qui reviennent le plus souvent.
- Protection différentielle : l'installation doit être protégée par un ou plusieurs disjoncteurs différentiels, avec une haute sensibilité (30 mA, soit 0,03 ampère, un seuil calibré pour protéger les personnes contre l'électrocution) pour les circuits les plus exposés, notamment en salle de bain.
- Mise à la terre : les masses métalliques des appareils et les canalisations métalliques (liaisons équipotentielles) doivent être raccordées à la terre. Une résistance de terre inférieure à 30 ohms est généralement exigée pour les installations résidentielles.
- Tableau électrique : disjoncteurs correctement calibrés et identifiés, schéma unifilaire à disposition du contrôleur.
- Sections des câbles : les sections doivent correspondre aux calibres des disjoncteurs. Un câble de 1,5 mm² protégé par un disjoncteur de 20 A est une non-conformité courante dans les rénovations partielles.
- Salle de bain et volumes de sécurité : le RGIE définit des volumes autour de la baignoire ou de la douche, et chaque volume impose des contraintes sur les appareils et le câblage admissibles.
3. Les évolutions récentes du RGIE à connaître
Depuis le 1er avril 2026, les installations en courant continu, comme les panneaux photovoltaïques, le stockage par batterie et les bornes de recharge, sont intégrées au Livre 1 du RGIE. Si vous installez une borne de recharge domestique ou des panneaux solaires, un circuit dédié avec une protection adaptée est la règle, et le tableau doit pouvoir l'accueillir sans surcharge. En Wallonie, une borne de recharge doit en outre être déclarée au gestionnaire de réseau. Certains électriciens proposent aussi un détecteur d'arcs électriques (AFDD, de l'anglais Arc Fault Detection Device), qui repère les micro-arcs susceptibles de provoquer un incendie : demandez si votre projet le justifie.
Un rapport de contrôle avec infractions, ça se régularise. Ce qui coûte cher, c'est de découvrir les problèmes le jour de la vente, avec un délai serré et un acheteur qui attend.
4. Comment lire et utiliser le rapport de contrôle
Le procès-verbal délivré par l'organisme agréé est positif ou négatif, et il liste les infractions constatées. Lors d'une vente, un procès-verbal négatif laisse à l'acheteur 18 mois à dater de l'acte pour faire les travaux et une nouvelle visite complète, auprès de l'organisme agréé de son choix ; si cette visite est encore négative, il dispose de 12 mois supplémentaires. Un procès-verbal positif fixe le prochain contrôle à 25 ans, sauf modification ou extension de l'installation entre-temps.
5. Anticiper pour éviter deux visites
La plupart des non-conformités relevées lors d'un premier contrôle sont évitables avec un peu de préparation. Avant la visite de l'organisme agréé, votre électricien devrait vous remettre une installation testée : vérification de la continuité des terres, contrôle du calibrage de chaque disjoncteur, étiquetage clair du tableau. Une seconde visite de l'organisme se facture elle aussi : autant s'en épargner une.
Chez RetapeTout, l'électricité et la mise en conformité font partie de nos métiers. Nous préparons l'installation pour la visite de l'organisme agréé : schéma unifilaire, étiquetage du tableau, mesure de la résistance de terre. Notre objectif : un contrôle réussi dès la première visite. Nous intervenons dans un rayon de 20 km autour de Braine-le-Château : demandez votre devis via notre formulaire pour faire le point sur votre installation avant les travaux.
Questions fréquentes
Mon installation date des années 1970 et n'a jamais été contrôlée. Qu'est-ce que je risque ?+
Tant que vous ne modifiez pas l'installation et que vous ne vendez pas le bien, aucune obligation légale de contrôle ne s'impose d'office. En revanche, une telle installation est souvent sans protection différentielle, avec des câbles en aluminium ou sous gaine tissée : le risque d'incendie ou d'électrocution est réel. Un bilan préventif reste vivement recommandé.
Puis-je réaliser moi-même des travaux électriques dans ma maison ?+
La législation belge autorise le propriétaire à réaliser des travaux dans son propre logement, mais l'installation devra quand même passer le contrôle d'un organisme agréé. Pour tout ce qui dépasse le remplacement d'une prise ou d'un interrupteur, faire appel à un électricien qualifié reste la solution la plus sûre.
Le contrôle électrique est-il requis pour toucher les primes rénovation en Wallonie ?+
Jusqu'au 30 septembre 2026, la SWCS propose un « Rénopack SWCS » réservé aux travaux de toiture ou d'électricité, sans audit logement et avec un régime de prime spécifique : renseignez-vous sur ses conditions. Dans tous les cas, une installation modifiée doit être contrôlée par un organisme agréé avant sa remise en service.
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