Tubage de cheminée ancienne : sécuriser l'évacuation des gaz brûlés lors d'un remplacement de chaudière

Remplacer une vieille chaudière ou installer un poêle à pellets sur un conduit de cheminée centenaire sans le contrôler, c'est prendre un risque réel : intoxication au monoxyde de carbone, incendie de suie, condensats qui dégradent la maçonnerie. Le tubage est la réponse technique à ces problèmes.
Beaucoup de maisons construites avant 1980 possèdent des conduits de fumée en maçonnerie, souvent non jointoyés à l'intérieur ou partiellement obstrués. Ces conduits ont été dimensionnés pour des appareils anciens à tirage naturel, avec des températures de fumée élevées. Les chaudières à condensation et les poêles à granulés rejettent des fumées plus froides, ce qui modifie le comportement du conduit. Sans adaptation, les condensats acides attaquent les joints de brique et le risque de fuite de gaz brûlés augmente.
1. Quand le tubage s'impose
Des normes belges (série NBN B 61) et européennes (NBN EN 15287) définissent les règles de conception et d'installation des conduits d'évacuation des appareils à combustion. Avant de raccorder un nouvel appareil, faites vérifier le conduit par un ramoneur ou un installateur qualifié. En pratique, un conduit maçonné qui ne présente pas une section cylindrique régulière, une étanchéité suffisante et une résistance adaptée à la température et à la condensation doit être tubé avant la mise en service. Le RGIE (Règlement général sur les installations électriques) ne régit pas les conduits de fumée : il ne concerne que la partie électrique de l'appareil.
- Chaudière à condensation gaz ou mazout : les fumées sortent entre 50 et 80 °C, elles condensent dans un conduit froid et dégradent le joint de brique. Un tube inox de classe T200 P1 W est souvent prescrit (T200 signifie résistance jusqu'à 200 °C, P1 indique la pression positive, W l'aptitude à fonctionner avec des condensats).
- Poêle à pellets ou à bûches : des températures plus élevées (jusqu'à 600 °C en pointe pour le bois) imposent un tube inox de classe T600 résistant au feu de cheminée (T600 = résistance jusqu'à 600 °C, lettre G = résistance au feu de cheminée ; la classe de pression, N en dépression ou P en surpression, dépend de l'appareil).
- Insert ou cheminée à foyer ouvert : le conduit doit être vérifié par un ramoneur qualifié ; une fissure ou un rétrécissement suffit à justifier le tubage.
- Pompe à chaleur avec appoint gaz : l'appoint au gaz branché sur le conduit existant suit les mêmes règles qu'une chaudière à condensation classique.
2. Les matériaux de tubage : inox, PPS ou béton ?
Le choix du tube dépend de l'appareil raccordé et de la configuration du conduit. L'inox en tube flexible est le matériau le plus courant en rénovation : il s'adapte aux conduits non rectilignes et résiste bien aux condensats acides. Le PPS (polyphénylène sulfure, un plastique technique haute performance) est une alternative pour les chaudières à condensation à basse température, plus légère et moins coûteuse, mais à ne pas utiliser avec un poêle à bois. Le béton coulé ou les éléments céramiques conviennent surtout aux conduits neufs ou à la réhabilitation complète d'une souche.
3. Comment se passe le chantier ?
Sur un conduit accessible depuis l'intérieur et sans coude trop prononcé, le tubage d'une cheminée prend généralement une demi-journée. L'installateur commence par inspecter le conduit avec une caméra d'inspection pour repérer les obstacles, fissures ou rétrécissements. Le tube flexible est ensuite enroulé et descendu depuis la souche jusqu'à la sortie de l'appareil. L'espace annulaire entre le tube et le conduit maçonné peut être comblé avec un isolant spécifique pour améliorer le tirage, surtout si le conduit traverse des zones non chauffées comme un grenier.
La souche est coiffée d'un chapeau de cheminée normalisé, qui protège contre les intempéries tout en maintenant le tirage. Côté appareil, la connexion est étanche et démontable pour permettre les ramonages futurs. L'ensemble est réceptionné et, selon les exigences locales ou du fabricant de l'appareil, un certificat de conformité est établi. Conservez-le pour votre assurance habitation.
4. Quel budget prévoir ?
Le prix dépend aussi de l'accessibilité de la souche (échafaudage ou non), de la hauteur du conduit et du nombre de coudes. Côté TVA, un tubage réalisé lors de l'installation d'une nouvelle chaudière au gaz ou au mazout suit le taux de 21 % applicable depuis le 29 juillet 2025, même dans un logement de plus de 10 ans, car l'évacuation des gaz fait partie de cette installation. Pour le raccordement d'un poêle à bois livré et placé, ou pour l'entretien d'une installation existante, le taux de 6 % peut s'appliquer dans un logement dont la première occupation remonte à au moins 10 ans. Le taux de chaque poste figure au devis.
5. Entretien et ramonage après tubage
Un conduit tubé se ramone comme un conduit ordinaire, généralement une fois par an pour un poêle à bois ; pour une chaudière, suivez la fréquence d'entretien fixée par la réglementation et par le fabricant. Le ramoneur doit disposer d'un hérisson adapté au diamètre du tube installé. Certains installateurs proposent un contrat d'entretien combinant le ramonage du conduit et la révision annuelle de l'appareil : c'est une formule cohérente qui assure la traçabilité et facilite le dossier assurance.
Chez RetapeTout, nous ne remplaçons pas de chaudière et n'installons ni poêle ni pompe à chaleur : ces appareils, comme le tubage du conduit, relèvent d'un chauffagiste ou d'un installateur qualifié pour l'appareil concerné, qui fera vérifier le conduit avant de chiffrer. Si ce chantier s'inscrit dans une rénovation plus large, nous pouvons prendre en charge ce qui relève de nos métiers : mise en conformité du circuit électrique qui alimente l'appareil, plafonnage et peintures autour de l'ancien conduit. Pour ces travaux, demandez un devis via notre formulaire.
Faites vérifier le conduit avant de commander l'appareil : un tubage découvert en cours de chantier décale tout le planning.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser un conduit maçonné sans tubage si l'état visuel paraît bon ?+
L'aspect extérieur ne suffit pas. Seule une inspection par caméra ou par un ramoneur qualifié permet de valider l'état intérieur : étanchéité des joints, section libre, absence de fissures. Un conduit qui semble sain peut présenter des fissures invisibles de l'extérieur qui laissent passer du monoxyde de carbone.
Le tubage est-il couvert par la responsabilité de l'installateur ?+
L'installateur engage sa responsabilité professionnelle sur les travaux réalisés. Le tube inox lui-même est garanti par le fabricant, pour une durée qui dépend de la gamme. Demandez les documents de garantie au moment de la réception du chantier.
Faut-il prévenir son assureur après un tubage ?+
Oui, c'est prudent. Tout remplacement d'appareil de chauffage ou modification du conduit d'évacuation mérite d'être signalé à votre assurance habitation. Le certificat de conformité émis par l'installateur est le document à transmettre. Sans cette formalité, un sinistre lié au chauffage pourrait être mal couvert.
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