Louer un logement PEB G en Wallonie : ce qui est en vigueur et les travaux à anticiper

Louer un logement classé G au certificat PEB n'est pas interdit en Wallonie à ce jour, malgré ce qu'affirment de nombreux sites. Pour les propriétaires bailleurs, c'est pourtant le bon moment pour se demander quels travaux engager, dans quel ordre, et avec quels financements.
En Wallonie, un logement PEB G affiche une consommation spécifique théorique supérieure à 510 kWh par m² et par an. La Wallonie s'est fixé pour objectifs d'éliminer les labels F et G d'ici 2035 et d'atteindre un parc au label A en moyenne en 2050, sans avoir adopté à ce stade de mesure qui exclut ces biens du marché locatif. Beaucoup de logements anciens mis en location, jamais isolés, sont concernés.
1. Quel calendrier s'applique ?
Le Plan Air Climat Énergie de 2023 prévoyait d'interdire la location des logements G au 1er janvier 2025. Ce calendrier n'avait été approuvé qu'en première lecture et n'a jamais été exécuté : aucun texte en vigueur n'interdit aujourd'hui de louer un logement G. Le projet de décret PEB adopté en deuxième lecture par le Gouvernement wallon le 12 décembre 2025, pas encore en vigueur, ne prévoit pas de label minimum pour la location ; il vise les acheteurs, qui auraient 5 ans après un achat réalisé à partir de 2028 pour atteindre le label D. Côté loyer, la limitation de l'indexation selon le label PEB a pris fin le 1er novembre 2023. L'enjeu est donc surtout financier : charges du locataire, attractivité du bien et anticipation des objectifs régionaux.
2. Par où commencer : identifier les pertes principales
Un logement classé G présente rarement un seul problème. C'est généralement l'accumulation de plusieurs faiblesses : toiture sans isolant, murs non traités, châssis à simple vitrage et chaudière vieillissante. Avant de lancer des travaux au hasard, un audit logement réalisé par un auditeur agréé permet d'établir un rapport précis et hiérarchisé. Dans les Primes Habitation, l'audit bénéficie d'une prime de base de 76 €, soit 152 à 456 € selon la catégorie de revenus, à demander au plus tard le 30 septembre 2026.
- Toiture : souvent la première priorité. Elle s'isole par l'intérieur (sous la toiture ou sur le plancher des combles) ou par l'extérieur (sarking, un travail de couvreur).
- Murs : selon la construction, injection d'isolant dans les murs creux, isolation par l'extérieur (ETICS) ou par l'intérieur.
- Châssis : le simple vitrage est le talon d'Achille des vieux logements locatifs. Le remplacer par un double vitrage HR améliore nettement le résultat PEB et le confort des locataires.
- Chauffage : une vieille chaudière au mazout pèse lourd dans le calcul PEB. Une pompe à chaleur, facturée à 6 % de TVA dans un logement de plus de 10 ans, peut améliorer nettement le résultat ; une nouvelle chaudière fossile est, elle, facturée à 21 %.
3. Quelle amélioration PEB viser ?
Sortir d'un G pour atteindre un D ou un C est souvent accessible sans tout reconstruire. L'auditeur détermine l'ensemble de travaux qui fait progresser le label, et c'est justement le palier visé par le régime d'aides annoncé : un logement G ou F devrait atteindre au moins le label D. Ce raisonnement par palier est utile : inutile de viser immédiatement le label A si votre budget est limité. Concentrez les efforts sur les postes qui font avancer la lettre le plus vite, généralement la toiture et les châssis combinés.
4. Les aides disponibles pour les bailleurs
Pour les Primes Habitation en cours, le délai est désormais très court : la demande complète, facture finale comprise, doit être introduite au plus tard le 30 septembre 2026. Les conditions d'accès propres à un logement mis en location sont à vérifier avec un Guichet Énergie Wallonie ou au numéro gratuit 1718 du Service public de Wallonie avant de compter sur une prime.
Sur le plan du financement, le régime annoncé par le Gouvernement wallon à partir du 1er octobre 2026 (approuvé en première lecture le 16 juillet 2026, pas encore en vigueur) ouvre le Rénoprêt aux propriétaires bailleurs pour les logements E, F et G, avec un audit obligatoire avant les travaux. Son taux dépendrait de la catégorie de revenus et n'est pas encore publié. Les primes communales, là où elles existent, sont souvent liées aux primes régionales : vérifiez auprès de votre commune avant de signer les devis.
5. Ce qu'il faut éviter
- Attendre la dernière minute : les délais jouent contre vous. Un audit, des devis, un dossier d'aide et un chantier prennent plusieurs mois. Qui attend trop rate les échéances des aides et subit le planning des entreprises.
- Isoler sans ventiler : un logement rendu étanche sans ventilation adaptée accumule l'humidité. En rénovation, la réglementation PEB wallonne impose des amenées d'air dans les locaux secs où les châssis sont remplacés, et un logement humide engage votre responsabilité de bailleur.
- Choisir un entrepreneur non assuré : les travaux d'isolation touchent l'enveloppe du bâtiment. Un entrepreneur sérieux présente ses attestations d'assurance avant de démarrer.
- Oublier de faire refaire le certificat PEB après travaux : le nouveau certificat ne se génère pas automatiquement. Il faut mandater un certificateur agréé pour constater les améliorations et produire le document officiel.
Planifiez vos travaux bien avant les échéances : vous gardez le choix des entreprises et du calendrier.
Questions fréquentes
Mon locataire actuel est-il expulsable si le logement est PEB G ?+
Non. Aucune interdiction de louer un logement G n'est en vigueur en Wallonie : le label PEB ne change rien au bail en cours. Le certificat PEB reste en revanche obligatoire lors de toute nouvelle mise en location.
Peut-on vendre un logement PEB G sans travaux ?+
Oui, la vente reste possible. Le certificat PEB, valable 10 ans, est obligatoire avant la mise en vente et ses indicateurs doivent figurer dans l'annonce. Pour les achats à partir de 2028, le Gouvernement wallon a annoncé une obligation d'atteindre le label D dans les 5 ans suivant l'acte (projet de décret adopté en deuxième lecture le 12 décembre 2025, pas encore en vigueur).
Combien coûte un nouveau certificat PEB après travaux ?+
Le prix est libre : comptez généralement entre 150 et 400 euros TVAC pour un logement, selon sa taille et sa complexité. Ce coût est modeste comparé à l'enjeu : sans ce document, vous ne pouvez pas prouver que votre bien a progressé.
Chez RetapeTout, nous intervenons dans un rayon de 20 km autour de Braine-le-Château. Pour un logement locatif classé G, nous réalisons les travaux prioritaires identifiés par l'audit qui font partie de nos métiers (isolation par l'intérieur, châssis, mise en conformité électrique), dans le bon ordre. La toiture et le chauffage, pompe à chaleur comprise, relèvent d'autres professionnels spécialisés. Nos devis ventilés poste par poste et nos attestations d'entreprise facilitent votre dossier d'aide ou de prêt. Si votre logement est classé G et que vous voulez savoir par où commencer, demandez un devis via notre formulaire.
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