Exigence de 35 % d'énergie renouvelable : ce que la loi impose pour les extensions assimilées au neuf

Construire une extension, c'est souvent agrandir son confort. Mais dès que les volumes concernés franchissent certains seuils, la réglementation wallonne considère le projet comme assimilé au neuf, et des obligations strictes s'appliquent, notamment, depuis le 1er janvier 2026, la couverture d'au moins 35 % des besoins énergétiques par des sources renouvelables.
Beaucoup de propriétaires l'ignorent au moment de consulter un architecte ou de demander un permis : une extension peut basculer dans le régime PEB (performance énergétique des bâtiments) des constructions neuves. L'exigence de 35 % de renouvelable s'applique aux demandes de permis dont l'accusé de réception est postérieur au 31 décembre 2025, et elle reste souvent mal comprise. Mieux vaut la connaître avant de fixer le budget.
1. Quand une extension devient-elle « assimilée au neuf » ?
Une extension importante peut être traitée par la réglementation PEB wallonne comme une construction nouvelle. Les critères généralement cités sont un volume protégé créé de plus de 800 m³, ou une extension qui au moins double le volume protégé existant. Dans ce cas, les exigences PEB du neuf s'appliquent à la partie construite. Le statut exact de votre projet est confirmé par le responsable PEB au moment du permis.
2. Que couvre concrètement l'obligation des 35 % ?
L'exigence porte sur la part d'énergie primaire nette couverte par des sources renouvelables par rapport à la consommation totale calculée du bâtiment, extension incluse. Il ne s'agit pas d'un pourcentage de la facture, mais d'un ratio calculé par le logiciel PEB sur base des données techniques réelles de l'installation. Les déclarations PEB sont établies par le responsable PEB du projet.
- Panneaux photovoltaïques : ils contribuent directement au ratio renouvelable via l'électricité autoproduite, valorisée selon la méthode de calcul PEB.
- Pompe à chaleur air-eau ou géothermique (PAC) : une PAC (pompe à chaleur) électrique extrait l'énergie de l'air ou du sol ; cette part d'énergie dite aérothermique ou géothermique est comptabilisée comme renouvelable dans le calcul PEB.
- Panneaux solaires thermiques : ils couvrent une fraction des besoins en eau chaude sanitaire, ce qui pèse positivement sur le bilan renouvelable.
- Chaudière biomasse ou poêle à pellets : si raccordés au circuit de chauffage et correctement documentés, ils peuvent aussi entrer dans le calcul.
3. Combiner les solutions pour atteindre le seuil
Dans la pratique, une seule technologie suffit rarement à atteindre les 35 %. Une combinaison fréquente associe une PAC air-eau pour le chauffage de l'extension à des panneaux photovoltaïques. Selon la puissance et l'exposition, cette configuration peut satisfaire l'exigence et améliorer le résultat PEB du bâtiment : seul le calcul du responsable PEB le confirme.
4. Les obligations complémentaires du régime neuf
L'obligation des 35 % de renouvelable n'est pas isolée. Une extension assimilée au neuf doit aussi respecter les niveaux K et E définis par la réglementation PEB wallonne en vigueur. Le niveau K traduit la performance de l'enveloppe (isolation, fenêtres, ponts thermiques) et le niveau E (ou Ew) l'efficience des systèmes. Depuis 2021, les exigences du neuf correspondent en Wallonie au niveau quasi zéro énergie (QZEN) : mieux vaut viser un peu au-delà du minimum pour garder de la marge dans le calcul final.
- Niveau K : l'isolation de l'extension doit respecter le niveau K maximal fixé pour le neuf, que le responsable PEB vérifie dans le calcul. Le K mesure la déperdition thermique globale de l'enveloppe : plus il est bas, mieux la maison retient la chaleur.
- Niveau E (Ew) : la valeur Ew exprime l'efficacité énergétique globale du bâtiment, systèmes compris. Elle doit rester sous la valeur maximale imposée au neuf.
- Ventilation : une extension dans le régime neuf doit être équipée d'un système de ventilation complet conforme à l'annexe C2 de la réglementation PEB wallonne, basée sur la norme NBN D 50-001 (qui fixe les débits minimaux d'air par local). Un oubli à ce stade se paie cher une fois les finitions posées.
5. Primes et TVA des installations renouvelables
Côté aides, les Primes Habitation prévoient une prime de base de 600 € pour une pompe à chaleur de chauffage, multipliée selon la catégorie de revenus du ménage (R1 à R4), avec un audit logement préalable et une demande complète, facture finale comprise, au plus tard le 30 septembre 2026 ; l'éligibilité d'un équipement placé dans une extension neuve est à vérifier. Côté TVA, une extension est en principe facturée à 21 %, mais une pompe à chaleur (hors hybride) peut bénéficier de 6 % du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030. Aucune prime régionale n'existe pour le photovoltaïque : les installations mises en service depuis le 1er janvier 2024 n'ont plus de compensation, disposent d'un compteur communicant et vendent leur surplus au tarif d'injection du fournisseur ; les certificats verts ne concernent plus les installations de 10 kW ou moins. Ces éléments méritent d'être chiffrés avant de choisir quelle technologie privilégier.
Chez RetapeTout, nous intervenons dans un rayon de 20 km autour de Braine-le-Château. Pour une extension, la conception, le permis et le calcul PEB relèvent de l'architecte et du responsable PEB. Une pompe à chaleur ou un chauffe-eau solaire relève d'un installateur certifié, et RetapeTout n'installe pas ces équipements. Nous réalisons en revanche les travaux qui font partie de nos métiers : panneaux photovoltaïques et batteries, installation électrique et préparation du tableau (circuit dédié pour les équipements), châssis, isolation par l'intérieur et finitions. Pour ces travaux, demandez un devis via notre formulaire.
Choisissez les équipements renouvelables en même temps que l'enveloppe de l'extension : les deux pèsent ensemble dans le calcul PEB.
Questions fréquentes
Mon extension reste en dessous des seuils de volume. Suis-je totalement exempté ?+
Si votre extension ne dépasse pas 800 m³ et ne double pas le volume protégé existant, elle n'est en principe pas assimilée au neuf et l'obligation des 35 % de renouvelable ne s'applique pas à l'extension elle-même. Des exigences PEB partielles peuvent toutefois s'appliquer à l'enveloppe selon la nature des travaux. Faites vérifier votre situation par un responsable PEB avant le dépôt de permis.
La chaudière à gaz existante peut-elle compter dans le calcul renouvelable ?+
Non. Le gaz naturel est une énergie fossile et n'entre pas dans le ratio renouvelable du calcul PEB. Seules les sources effectivement renouvelables (solaire, géothermie, biomasse certifiée, aérothermie via PAC) y contribuent. Le gaz reste autorisé, mais depuis le 1er janvier 2026 un bâtiment à construire ou à reconstruire ne peut plus être équipé d'un chauffage ou d'une production d'eau chaude au mazout ou au charbon.
Que se passe-t-il si l'objectif de 35 % n'est pas atteint à la réception ?+
Le manquement apparaît dans la déclaration PEB finale établie par le responsable PEB, et il est bien plus coûteux de corriger une installation terminée que d'ajuster un projet sur plan. Le plus sûr est de valider les 35 % dans la simulation PEB avant le dépôt du permis. Pour les conséquences administratives exactes, renseignez-vous auprès d'un Guichet Énergie Wallonie ou au numéro gratuit 1718 du Service public de Wallonie.
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