Créer un logement kangourou en Wallonie : ce que dit la loi et comment s'y prendre

Le logement kangourou permet à deux ménages de partager un même bâtiment tout en conservant chacun un espace de vie autonome. En Wallonie, il n'a pas de régime urbanistique propre : le CoDT (Code du développement territorial) le traite comme la création d'un deuxième logement, et les règlements communaux peuvent ajouter leurs conditions. Avant de percer la moindre cloison, mieux vaut savoir ce qui est autorisé.
La formule séduit surtout les familles qui souhaitent loger un parent âgé tout près, ou des parents qui accompagnent un enfant adulte en début de vie active. L'économie de loyer et la solidarité sont réelles, mais la mise en œuvre implique un parcours administratif et technique qu'il faut anticiper bien en amont des travaux.
1. Qu'est-ce qu'un logement kangourou au sens juridique ?
En pratique, le logement kangourou est une unité d'habitation supplémentaire créée au sein d'une maison existante, pour un parent âgé, un enfant adulte ou un proche. Il ne s'agit pas d'une simple chambre : le logement annexe dispose de ses propres équipements sanitaires et d'un espace de cuisine ou kitchenette. Sur le plan urbanistique, le CoDT le traite comme la création d'un deuxième logement ; les conditions précises, comme un lien entre les deux ménages, dépendent souvent du règlement communal.
2. Le permis d'urbanisme : obligatoire ou non ?
La règle générale est claire : créer un logement supplémentaire dans un bâtiment demande un permis d'urbanisme, même sans agrandissement ni modification de façade. Le type de procédure dépend ensuite du nombre de logements et de la nature des travaux, comme expliqué ci-dessus.
- Demande de permis d'urbanisme : à introduire auprès de l'administration communale, avec des plans cotés avant et après travaux. L'architecte est la règle, sauf dans les cas où le CoDT l'en dispense, comme la création d'un deuxième logement sans travaux qui le requièrent (le critère est la nature des travaux, pas leur montant).
- Vérification du plan de secteur : vérifiez l'affectation de votre bien au plan de secteur : en zone agricole, les possibilités sont beaucoup plus restreintes.
- Règlement communal sur les logements : certaines communes wallonnes ont adopté un règlement qui fixe une superficie minimale pour le logement supplémentaire et impose des équipements spécifiques.
- Délai d'instruction : il dépend de la procédure et des avis ou de l'enquête publique éventuellement requis. Un dossier incomplet retarde l'instruction : demandez le calendrier à votre commune au moment du dépôt.
3. Les conditions techniques à respecter
Au-delà de l'urbanisme, le logement kangourou doit offrir des conditions de salubrité correctes, encadrées en Wallonie par des normes régionales. Une cuisine ou kitchenette équipée d'un évier, d'un point de cuisson et d'un réfrigérateur constitue un minimum de confort, tout comme une salle de bain complète accessible depuis le logement annexe sans traverser le logement principal.
- Superficie habitable : le logement annexe doit offrir une superficie suffisante ; certaines communes fixent un minimum dans leur règlement.
- Hauteur sous plafond : vérifiez la hauteur des pièces au regard des normes de salubrité wallonnes et du règlement communal, surtout sous les combles ou en sous-sol.
- Ventilation et éclairage naturel : chaque pièce habitable doit disposer d'une ouverture vers l'extérieur. Lorsque les travaux sont soumis à la PEB, les locaux nouvellement créés doivent recevoir une ventilation complète (amenée et extraction d'air), utile aussi pour éviter l'humidité dans un espace compact.
- Accès indépendant : une entrée propre au logement annexe n'est pas toujours obligatoire, mais certaines communes la demandent pour garantir l'autonomie des deux ménages.
4. PEB et performance énergétique
Le certificat PEB (performance énergétique des bâtiments) attribue à un logement un label de A++ à G selon sa consommation d'énergie. Il est obligatoire pour chaque logement mis en vente ou en location. Si le logement kangourou est créé dans une maison ancienne peu performante, c'est l'occasion de rénover l'enveloppe en même temps. Les Primes Habitation couvrent l'isolation du toit, des murs et les châssis, selon la catégorie de revenus du ménage (R1 à R4), jusqu'à 70 % de la facture TVAC en R1 et R2 et 50 % en R3 et R4, avec un audit logement préalable sauf pour la toiture. La demande complète, facture finale comprise, doit être introduite au plus tard le 30 septembre 2026 ; le régime de prêts annoncé ensuite pour les logements E, F ou G n'est pas encore en vigueur.
Faites valider la faisabilité urbanistique avant de dessiner les aménagements : c'est elle qui fixe les choix techniques.
5. Ce que la commune peut refuser
La commune dispose d'un pouvoir d'appréciation. Elle peut refuser un permis si le projet génère un impact sur le stationnement, si la densification du quartier n'est pas souhaitée ou si le règlement communal sur les logements n'est pas respecté. Le refus doit être motivé et peut faire l'objet d'un recours, dans le délai indiqué dans la décision : ne le laissez pas passer.
Chez RetapeTout, nous intervenons dans un rayon de 20 km autour de Braine-le-Château. Pour un logement kangourou, nous regardons d'abord la faisabilité technique (hauteur sous plafond, accès, ventilation, isolation), puis nous réalisons les travaux une fois le permis obtenu avec votre architecte : cloisons, électricité, salle de bain, kitchenette, isolation par l'intérieur et finitions. Pour votre projet, demandez un devis via notre formulaire.
Questions fréquentes
Peut-on louer un logement kangourou à un tiers non apparenté ?+
Cela dépend du permis obtenu et du règlement communal, qui peuvent encadrer l'occupation du logement supplémentaire : vérifiez les conditions locales avant de vous engager. Si vous louez, un certificat PEB valable est obligatoire avant la mise en location.
Le logement kangourou a-t-il une incidence sur le précompte immobilier ?+
Des travaux qui modifient un bien, comme la création d'un logement, peuvent avoir une incidence sur le revenu cadastral et donc sur le précompte immobilier. Renseignez-vous auprès du SPF Finances (Documentation patrimoniale) sur la déclaration à faire après les travaux.
Faut-il un architecte pour toutes les demandes de permis ?+
Non. En Wallonie, l'architecte est la règle pour les travaux soumis à permis, sauf dispense prévue par le CoDT. Une transformation sans agrandissement qui ne touche pas la structure portante relève en principe d'un permis d'impact limité sans architecte obligatoire, et la création d'un deuxième logement peut suivre cette procédure lorsque les travaux ne requièrent pas d'architecte. Faites vérifier votre cas par le service urbanisme de votre commune.
Parlons de votre chantier
Devis gratuit, réponse sous 24h. Décrivez votre projet, nous nous occupons du reste.


