Borne de recharge à domicile : les règles à respecter pour les particuliers en Wallonie

Une voiture électrique branchée chaque soir sur une prise ordinaire, c'est une solution provisoire qui use les installations et allonge les temps de charge. Passer à une wallbox (borne de recharge murale dédiée) change la donne, à condition de respecter quelques règles techniques précises.
En Wallonie, l'installation d'une borne de recharge privative est encadrée par le Règlement Général sur les Installations Électriques (RGIE) et par les exigences du gestionnaire de réseau local. Ce n'est pas une formalité : la puissance mise en jeu, souvent 7,4 kW (kilowatts) voire 11 kW, impose une installation soignée pour éviter surcharges et sinistres.
1. Ce que dit le RGIE sur la recharge à domicile
Le RGIE classe les bornes de recharge privatives parmi les installations électriques à contrôler obligatoirement. Toute nouvelle installation doit être réalisée par un électricien enregistré, puis contrôlée par un organisme agréé avant la mise en service. Ce contrôle vérifie la conformité du câblage, la protection différentielle adaptée et la mise à la terre. Sans certificat de conformité, l'assurance habitation peut refuser de couvrir un sinistre lié à l'installation.
2. Le circuit dédié : la base de l'installation
Une borne de recharge doit impérativement être raccordée sur un circuit dédié, protégé par un disjoncteur calibré à la puissance de la borne et par un différentiel de type A (un interrupteur de sécurité qui coupe le courant en cas de fuite électrique, adapté aux équipements électroniques comme les bornes de recharge) ou de type B pour certaines bornes triphasées. Le câble doit être dimensionné en conséquence : un conducteur de 6 mm² est généralement le minimum pour une borne monophasée de 7,4 kW, davantage pour les installations triphasées.
- Puissance monophasée (7,4 kW) : la solution la plus courante pour une recharge nocturne, compatible avec la grande majorité des véhicules du marché.
- Puissance triphasée (11 kW ou 22 kW) : réservée aux véhicules qui l'acceptent et aux foyers disposant d'un abonnement triphasé. Nécessite une validation préalable du gestionnaire de réseau.
- Gestion de charge dynamique : un module de pilotage adapte la puissance de recharge en fonction de la consommation globale du foyer, évitant de sauter un fusible général.
3. La déclaration au gestionnaire de réseau
En Wallonie, le gestionnaire de réseau de distribution est ORES sur la majeure partie du territoire. Toute installation de borne de recharge dont la puissance dépasse 3,7 kW doit lui être déclarée lors de la mise en service, après installation et contrôle par un organisme agréé. Cette déclaration permet à ORES de vérifier que le réseau local peut absorber la charge supplémentaire. Pour les installations triphasées de 11 ou 22 kW, une demande préalable auprès d'ORES est recommandée afin de valider la capacité du réseau, ce qui peut prendre deux à quatre semaines. Si le réseau est saturé dans votre rue, un gestionnaire peut exiger un module de pilotage ou limiter la puissance autorisée.
4. Les aides financières disponibles
L'installation d'une borne de recharge peut bénéficier de plusieurs leviers financiers. La TVA réduite à 6 % s'applique sur la main-d'oeuvre et le matériel pour les maisons de plus de dix ans. Certains gestionnaires de réseau ou votre fournisseur d'énergie proposent ponctuellement des primes à l'installation, à vérifier au moment de votre projet. Quelques communes du Brabant wallon ont par ailleurs intégré des aides complémentaires dans leurs programmes de mobilité durable.
5. Bien choisir sa borne et son installateur
Le marché des bornes résidentielles propose des équipements très variés, du simple boîtier sans connectivité aux bornes connectées avec application mobile, programmation horaire et suivi de consommation. Pour bénéficier des tarifs bi-horaires (tarification qui distingue les heures creuses, généralement la nuit, des heures pleines) ou du creux nocturne, une borne programmable est un vrai atout. Côté installateur, exigez une attestation de conformité RGIE à l'issue du chantier et vérifiez que l'organisme de contrôle est bien agréé par le SPF Économie.
Le raccordement au tableau général, c'est souvent là que les mauvaises surprises se cachent. Un tableau vieux de trente ans peut nécessiter une mise en conformité avant même de parler de borne.
Questions fréquentes
Peut-on installer une borne dans un garage souterrain de copropriété ?+
Oui, mais la procédure est plus complexe. En copropriété, le règlement de copropriété et l'accord de l'assemblée générale sont généralement requis. La législation belge sur le droit à la prise facilite cependant les démarches depuis 2022 : le copropriétaire peut exiger l'installation à ses frais, sauf opposition motivée par une contrainte technique réelle.
Faut-il remplacer son compteur pour installer une borne ?+
Pas systématiquement. En Wallonie, seule une minorité de ménages (environ 20 à 23 % en 2025-2026) dispose déjà d'un compteur intelligent (smart meter) ; le déploiement intégral est prévu pour fin 2029. Si votre compteur est ancien et monophasé, l'ajout d'une borne triphasée de 11 kW pourrait nécessiter une adaptation, à évaluer avec ORES et votre électricien.
Quelle puissance choisir pour recharger confortablement du soir au matin ?+
Une borne de 7,4 kW (monophasé 32 A) permet de recharger de l'ordre de 40 à 55 km d'autonomie par heure. Pour la plupart des usages quotidiens, huit heures de charge nocturne suffisent largement. La puissance de 11 kW ne se justifie que si votre véhicule l'accepte et que votre abonnement est triphasé.
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