Moderniser une salle de bain des années 70 : du carrelage bordeaux au receveur ultra-plat

Une salle de bain construite dans les années 70 a souvent trois points en commun : une baignoire encastrée à l'entrée, des carrelages en format 15x15 sur toutes les surfaces, et un espace qui semble rétréci malgré une surface correcte. Remplacer la baignoire par un grand receveur de douche ultra-plat est l'un des travaux qui transforme le plus radicalement la pièce.
Ce type de chantier touche à la plomberie, à l'étanchéité, au carrelage et parfois à l'électricité. Ce n'est pas une opération de week-end, mais avec une bonne préparation et des artisans rigoureux, elle se boucle en quatre à six jours de chantier pour une salle de bain standard.
1. L'état des lieux avant de commencer
Avant de commander quoi que ce soit, l'artisan évalue la configuration existante. La position de la vidange de la baignoire ne correspond presque jamais à celle du futur receveur : la chute doit souvent être décalée, ce qui implique d'ouvrir le sol ou de travailler sous la dalle si l'accès le permet. Dans les maisons belges de cette époque, la plomberie est fréquemment en plomb ou en acier galvanisé. C'est l'occasion de remplacer ces tronçons vieillissants par du cuivre ou du multicouche, surtout sur les arrivées d'eau chaude et froide.
2. Choisir le bon receveur
Le marché propose principalement deux familles de receveurs à faible épaisseur. Chacune a ses avantages selon votre configuration.
- Résine acrylique ou composite : léger, facile à couper sur place, disponible en très grand format (jusqu'à 160 x 90 cm). L'entretien est simple mais la surface peut se rayer avec le temps. Prix de l'ordre de 200 à 600 euros selon le format.
- Céramique ou grès cérame : très robuste, entretien identique au carrelage, aspect haut de gamme. Plus lourd et plus délicat à poser, il exige un support parfaitement plan et une fixation soignée.
- Receveur à carreler : une cuve de fond en polystyrène expansé préformé, recouverte ensuite de carrelage par l'artisan. Permet un raccord visuel parfait avec le reste de la douche. Demande une mise en oeuvre rigoureuse de l'étanchéité.
3. L'étanchéité : le point qui ne souffre aucun compromis
C'est souvent là que les chantiers mal menés créent des sinistres plusieurs années après. Une douche à l'italienne ou semi-encastrée concentre l'eau dans une zone délimitée. L'étanchéité repose sur un système de membrane posée sous le carrelage (bandes d'angle, membrane liquide ou nattes de désolidarisation), prolongé sur les relevés de paroi jusqu'à au moins 10 cm au-dessus du niveau du carrelage fini. Un kit d'étanchéité conforme à la norme NBN EN (la norme belge de référence pour les systèmes d'étanchéité sous carrelage) est le minimum requis. Certains artisans sérieux vont jusqu'à 20 ou 30 cm de relevé et réalisent un test d'étanchéité par remplissage avant la pose du carrelage.
L'étanchéité ne se voit pas une fois la salle de bain finie, mais elle est le premier poste à ne jamais rogner sur le budget.
4. Le carrelage et les finitions : transformer visuellement la pièce
Une fois le receveur posé et l'étanchéité vérifiée, c'est le carrelage mural qui donne son caractère à la pièce. Les formats 15x15 des années 70 peuvent céder la place à des dalles de 60x120 ou 90x90 cm, qui réduisent le nombre de joints et agrandissent visuellement l'espace. Un carrelage grand format en ton neutre sur les murs, combiné à une niche de rangement intégrée et une robinetterie thermostatique, suffit généralement à faire oublier complètement l'ancienne configuration.
- Enlèvement de l'ancien carrelage : la dépose est souvent la phase la plus bruyante et la plus poussiéreuse. Prévoir une protection efficace des autres pièces.
- Ragréage du support : les murs des années 70 ne sont pas toujours d'aplomb. Un ragréage ou une projection légère de colle lissante corrige les irrégularités avant pose.
- Joints et silicone : les joints de carrelage en angle et les raccords avec le receveur sont finis au silicone sanitaire de qualité, à renouveler tous les dix ans environ.
5. Les points souvent négligés
- L'électricité : le tableau électrique doit être vérifié. Les circuits de salle de bain sont soumis au RGIE (Règlement Général sur les Installations Électriques, le code belge de référence) : zones de sécurité autour de l'eau, disjoncteur différentiel 30 mA, prise rasoir à transformateur d'isolement. Une salle de bain des années 70 n'est presque jamais conforme à ces exigences actuelles.
- L'eau chaude sanitaire : si vous passez à une douche plus grande avec une tête de pluie 30x30 cm, le débit requis augmente. Un chauffe-eau vieillissant ou sous-dimensionné peut limiter le confort.
- Le sèche-serviettes : c'est le moment de prévoir une connexion hydraulique sur le circuit de chauffage central ou d'opter pour un modèle mixte, bien plus confortable qu'un simple modèle électrique.
- L'accessibilité future : si le logement doit accueillir des personnes âgées ou à mobilité réduite (PMR, c'est-à-dire toute personne dont la mobilité est temporairement ou durablement limitée), les recommandations prévoient un espace de manoeuvre devant la douche et une barre d'appui latérale. Mieux vaut l'intégrer dès la rénovation plutôt que de reprendre le chantier quelques années plus tard.
Chez RetapeTout, nous intervenons régulièrement dans des maisons du Brabant wallon construites dans les années 60 à 80. Avant chaque chantier salle de bain, nous réalisons un état des lieux complet : état de la plomberie existante, faisabilité du dénivelé pour la vidange, conformité électrique et ventilation. Cela nous permet d'établir un devis sans mauvaises surprises et de coordonner carreleur, plombier et électricien pour que le chantier reste dans les quatre à six jours annoncés. Si vous hésitez sur la faisabilité ou le budget, contactez-nous pour un diagnostic sur place : nous vous donnons une réponse concrète, sans engagement.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement déposer tout l'ancien carrelage ?+
Pas toujours, mais c'est recommandé. Carreler sur de l'ancien carrelage est possible si le support est parfaitement stable et plat, mais les années 70 produisent souvent des décollements partiels. L'artisan vérifie par percussion avant de se prononcer.
Combien de temps dure le chantier ?+
Pour une salle de bain standard de 5 à 7 m², comptez généralement quatre à six jours de travail effectif, avec un temps de séchage entre l'étanchéité et la pose du carrelage. La pièce reste inutilisable pendant toute cette période.
Y a-t-il des primes pour une rénovation de salle de bain en Wallonie ?+
La rénovation de salle de bain n'ouvre pas de prime spécifique en Région wallonne, mais si les travaux font partie d'un bouquet de rénovation énergétique supervisé par un auditeur agréé, certains postes connexes peuvent être pris en compte globalement.
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